La différence entre la druidesse et la sorcière.

 

Je tente par cet article de briser les stéréotypes se rattachant à la druidesse, car oui il existe une différence entre la sorcière et la druidesse ou entre les druides et sorciers. J’écrirais au féminin, car je suis une femme moi-même et que c’est mon opinion personnel. Ensuite, j’utilise le terme sorcière tout en sachant qu’il existe plusieurs types de sorcières, qu’il existe des sorcières qui sont wiccanes, des wiccanes qui ne sont pas sorcières, des sorcières athées, des sorcières chrétiennes, des sorcières païennes et non païennes, des sorcières lucifériennes,  des sorcières éclectiques, etc. Je préférerais vous écrire toutes ces lignes plutôt dans l’idée de généraliser, toutefois, la plupart des mes propos au sujet des sorcières se rapporteront aux sorcières dites traditionnelles ou folkloriques ou selon le terme populaire  »traditional witchcraft ».  

Pour ma part,  je me décris sagement en tant que SORCIÈRE! 😉 Bien que je ne sois plus dans la Wicca, j’avais une préférence pour la tradition mère Gardnérienne, mais je n’ai jamais été initiée en tant que prêtresse.  J’étudie et pratique le druidisme depuis quelques années, tout en sachant que je ne serais probablement jamais druidesse  au vrai sens du terme, c’est-à-dire  par exemple une gutuater dans son nemeton rectangulaire comme dans les temps anciens! D’ailleurs, le druide autrefois incarnait tous les rôles importants (sauf celui de roi, ce titre lui étant interdit) et moi je ne suis ni juge, ni médecin, ni enseignante… Je suis simplement une intuitive, amoureuse de la Lune, à l’écoute des cycles des saisons et de ma féminité, je suis proche de la Nature, ce pourquoi j’aime me décrire comme une sorcière naturaliste mystique. Aujourd’hui nous sommes tous des néo-druides et néo-païens, nous ne sommes plus dans le même contexte de vie que les païens d’autrefois, mais nous pouvons dire que nous essayons de notre mieux de perpétuer les vieilles traditions de nos ancêtres d’âme et de sang. 

Commençons.

Au fil de mes recherches et de mon propre cheminement, je constate les variantes de qualificatifs appartenant aux titres de sorcière et de druidesse. Il est vrai que les deux peuvent avoir des similitudes d’activités et de rites, et j’admets que cela peut être aussi du cas par cas, mais je le répète, je vais généraliser et vous laisser vous en faire votre propre opinion. Ceci dit, voici mes constations  là-dessus. J’ai souvent entendu ou lu que si vous croyez au petit peuple des fées et lutins, que vous pratiquiez l’herboristerie et la magie verte, que vous aimiez les arbres (quel païen ne les aime pas de toute façon), vous étiez faites pour être druidesse ! Tout d’abord, pour ce qui est de l’herboristerie, la médecine des herbes était certes une connaissance des druides, mais cet aspect n’en ai qu’une infime partie de la doctrine des druides et cela ne fait de personne une druidesse ! Pour ce qui en est des fées, les druides ne généraient et n’alimentaient pas ces croyances engendrées par les petits gens du peuple, car ces hommes savants admettaient plutôt le fait de l’immortalité de l’âme, donc de l’existence des esprits et de leur interaction avec les êtres de chaire. Ils entretenaient alors un culte des ancêtres, d’où la vénération des crânes, faisant office de sorte de réceptacle de l’âme du défunt et de conseiller.

J’enchaîne premièrement avec ce que je considère comme les attributs et pratiques de la sorcière qui la différencie de ceux de la druidesse. Comme son titre l’indique, la sorcière pratique la sorcellerie comprenant des sortilèges et des prières ou incantations, basés sur des croyances folkloriques issues du territoire d’où la sorcière est native, ou même basés sur des croyances empruntées à d’autres peuples. On peut décrire une sorcière de façon générale comme suit: une personne assumant un savoir ou pouvoir prophétique, magique et herboriste. Par exemple, la sorcellerie afro-américaine dites hoodoo entre autres est particulièrement à la mode chez les sorcières caucasiennes. Lorsqu’elle ritualise, la sorcière fait appel à des esprits des lieux si elle est en extérieur, à des esprits en général, à des dieux païens de diverses traditions ou fera ses demandes à la Divinité Universelle. La sorcière traditionnelle n’est le plus souvent pas gouvernée par une religion, mais suit une tradition qu’elle affectionne. Tout est question de croyance personnelle. Certaines sorcières seront athées et diront ne faire affaire avec aucune entités spirituelles, ne travaillant qu’avec les énergies en elles ou les entourant, ou avec les éléments eau, feu, air, terre. Ces sorcières sont dites sorcières élémentales ou praticiennes de magie naturelle. L’adage de la Wicca est :  »Fais ce que tu veux, à condition de ne nuire à personne, incluant toi-même. » Pour ma part, je trouve cet adage bien libre d’interprétation quant à ce qui est bon ou mauvais pour les autres ou soi-même et pourrait tout autant être compris comme  »Fais n’importe quoi. » J’en viendrais par la suite à l’opposition de la druidesse face à cette règle et l’attitude adoptée en contrepartie. Pour y revenir, ce n’est pas tous les pratiquants de la sorcellerie qui utilise cet adage, car comme je l’ai dit, tous ne sont pas wiccans. Mais ce que j’en retire de mes observations, c’est que la plupart des sorcières (surtout traditionnelles), font de la sorcellerie dans un désir de puissance, d’accroissement de la confiance personnelle, d’émancipation en tant que femme sauvage et libre ne rendant de compte à personne (cela joue sur l’ego parfois…), beaucoup pour faire des demandes et des changements dans leur vie. Plusieurs sorcières font office de  »Cunning folk » comme ont dit dans la  »traditional witchcraft » et réalisent des sortilèges, charmes en tout genre pour les clients qui viennent les voir. Cela peut être fait sans scrupules et contre le libre-arbitre des gens (exemple : charme de  »brise couple » demandé par une tierce personne à l’insu d’un couple), et encore cela dépend du choix de comportement adopté par la sorcière si elle préfère suivre la voie du positif ou du négatif ou un entre deux. Philip Carr Gomm (druide leader de l’OBOD) disait une fois dans le livre de la Renaissance Druidique qu’il voyait autour des wiccans une aura rouge dorée et autour des druidisants une aura verte. Je vous laisse méditer sur ce que cela peut signifier à propos de ces gens…

Il existe toutes sortes de sorcières et toutes sortes de personnes… Dans cette idée, je vous mentionne les prêtresses d’Avalon, cette île métaphorique. Marion Zimmer Bradley nous a fait rêver avec ses hypothèses féministes romancées sur ces femmes se détachant des druides quelque peu mysogynes du Vernemeton, les quittant pour cette île brumeuse pour y honorer la Grande Déesse.Cette belle épopée a inspirée la création de la tradition avalonienne, un mélange de la tradition galloise, des mythes arthuriens proto-bretons, de la kabbale, un petit peu de druidisme, de féminin sacré, et de magie cérémoniale occidentale. J’en viens donc au titre de prêtresse. Ce titre est prit par les sorcières ou wiccanes se sentant choisies par la Déesse ou ce titre leur est donné car elles sont initiées ainsi dans un coven. Ces femmes prêtresse se rapprochent plus quant à moi du cheminement spirituel des druidesses, et ces femmes œuvrent effectivement dans le souhait de l’amélioration personnel spirituel et dans le cheminement de la guérison, et c’est tout à leur honneur ! D’ailleurs, ce rapprochement entre le but de la prêtresse et de la druidesse est dû à l’idéologie Gardnérienne de la dites Wicca.

Nous voici arrivés à la druidesse. Ce qui catégorise celle-ci est que sa pratique est plutôt basée sur la communion divine, sur la recherche de la sagesse et la connaissance, la hauteur des pensées et l’élévation spirituelle, la dévotion envers la Divinité, une recherche profonde de la pureté et de la lumière inspiratrice. Je ne dis pas qu’aucune sorcière n’a ces ambitions-ci et je ne souhaite pas offenser ou descendre quiconque en exprimant ces mots, sachez-le bien, mais s’il est vrai que les néo-sorcières de l’époque de Gardner ce sont élevées vers la sacerdoce nous devons observer de nos jours une dégénération sacerdotale, puisque cette notion est grandement négligée par plusieurs cercles modernes. Or, le chemin du druidisme est ainsi : Recherche, Savoir, Sagesse. L’on pourrait dire que ceci en est l’adage, tout comme celui-ci : Amour, Force, Sagesse, qui sont les trois manifestations primitives de la Divinité. L’adage de la druidesse est plutôt de oeuvrer dans le vrai, car dans le druidisme il n’est pas question de bien ou de mal, mais plutôt de vrai ou de faux, d’où la recherche incessante du savoir. Le druidisme prône la vérité et la beauté. Le druidisme est le travail et l’étude de toute une vie, le but étant d’atteindre la lumière du Uindobitu (Gwenved ou Monde Blanc) dans la pureté. On mentionne dans les mythologies celtiques que les dieux (qui étaient tous druides eux-mêmes) pratiquaient la magie. En accord avec cela, la druidesse n’oriente néanmoins pas centralement sa pratique sur la magie, bien qu’il peut y en avoir et elle sera toujours en lien avec les dieux ou l’Être Suprême (Uxellimos). Elle se concentre plutôt sur les rites quotidiens de dévotions aux divinités et aux ancêtres et de l’observance du calendrier druidique des fêtes celtiques. La pratique de la divination et des augures est effectivement exercée par les femmes dans le druidisme, voire la légende des prêtresses de l’Île de Mona, ces femmes vêtues de noir entretenaient la triple fonction : sacerdotale, guerrière, producteur. Et il nous est aussi permis de penser qu’elles étaient représentatives de la création même de toutes les conceptions de la société celtique, à commencer par l’inauguration des rois pendant le solstice d’hiver lors la cueillette du gui. Elles symbolisaient l’ouverture du monde physique sur le monde spirituel, elles étaient les porte-parole du Sedos (Sidhe, Autre Monde, Monde de Paix). Leur rôle était d’ordre réceptif liturgiquement parlant, tandis que le rôle des hommes était actif. En d’autres termes, ce sont elles qui gouverne le terrain de jeu des druides. Il n’est pas évident pour les chroniqueurs de l’Antiquité de constater de façon rationnelle ce fait en raison que les druidesses étaient dans l’arrière-plan pendant que les druides battaient le fer. La mission en bref de la druidesse aujourd’hui est la transmission de la voie de la sagesse celtique comme ce le fut autrefois, de ses mythes et de leurs messages et des traditions anciennes, dans le beau, le vrai, et dans une intention noble et humble. La druidesse se veut une gardienne des légendes et traditions de son propre coin de pays, une connaisseuse des secrets de la Nature de son terroir et celle qui entretien une relation avec les Esprits de ces lieux. Elle entretien le Feu Sacré de la parole, son moteur constant est Recherche, Savoir, Sagesse et elle nourrit le souvenir des dieux anciens et des Ancêtres tous les jours.

Peu importe ce que vous êtes, sorcière, druidesse, prêtresse, connaissez bien votre tradition et faisons l’effort pour pleinement incarner ce rôle plutôt que de vivre son Moi dirigé par l’ego dans le quotidien. Il est dit aussi dans la sagesse druidique : Être avant de paraître !

 »Seduo in Nemesu – are talamuni – talamuni uo nemesu ac nertis papebo. »

(Paix dans le ciel, sur la terre, terre sous le ciel et force à tous!)

Brixtasulis Lubionaca

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