Ceridwen la déesse blanche

Tout d’abord, il faut comprendre que Ceridwen représente la Nature, la Terre elle-même, Elle est la Mère Éternelle. Son nom signifie  »Porte Divine » et  »Maison de Dieu ». KER en breton veut dire Porte et DOUE veut dire Dieu. Ceridwen fait partie de la trinité/triade celtique avec IO le Père et Hu Kardan fils de Dieu. Elle est la Vierge Mère et la Mère éternelle, la nature elle-même, Elle est l’oeuvre de Dieu! Car c’est par la Nature, au sein des myriades d’existences qu’elle offre successivement à l’Être, par cette lente purification née de la douleur, que l’Homme peut lentement comprendre son Créateur. Étant l’Amour, elle inspire la créature (l’homme) encore enténébrée. Et c’est par Ceridwen, au sein du vase générateur AZEWLADOUR(en breton), le creuset celtique qu’elle porte en son bras gauche, que s’accomplit cette éternelle sublimation de l’Être. Elle est la manifestation divine de l’amour et la beauté, ainsi que de la sérénité du bouleau, l’ogham Beith. Ceridwen est la déesse galloise de la Lune, gardienne du chaudron de l’inspiration et de la régénération, déesse de l’herbalisme, renaissance, prophétie, les initiations druidiques ou en tout genre, de la transformation, Maîtresse de l’Awen, de la guérison et changement de forme. Ceridwen la déesse sorcière de la magie, de la sagesse, des mystères, de la nature et l’agriculture, de la poésie et l’inspiration poétique, de la créativité, musique, art, science et astrologie. Les cycles lunaires propices à travailler avec les qualités qu’elle représente sont du dernier quartier à la lune noire (la septième nuit après la pleine lune jusqu’à la lune noire). Et de la pleine lune de Samhain à la pleine lune de Imbolc. Son animal totem est la truie blanche.

 

Contrairement aux croyances populaires, elle n’est pas une déesse  »Crone », Vieille et Sombre. Brighid, Dana, Ceridwen, elles sont toutes la même entité. La divinité ne pouvant être réduite ni à une phase, ni à une image, ni à un âge (la femme est une déesse et la Déesse EST l’esprit de chaque femme, de tous les âges), ni à une forme tangible et physique, elle ne peut donc en aucun cas être figée dans une image de Vieille Dame! C’est bien une déesse de lumière, des trois rayons de l’Awen qui traversent les ténèbres. Robert Graves l’a appelé la Déesse Blanche. Il a relié avec la première partie de son nom le mot gallois ‘cerdd’ qui veut dire poésie ou une chanson et ‘wen’ qui veut dire blanc avec la dernière partie. Elle nous enseigne que l’on peut transformer la noirceur en nous en la plus grande beauté, ceci en obtenant l’illumination de la Sagesse. Cette transformation se fait en changeant notre être sur tous les niveaux, en traversant et combattant nos ténèbres intérieurs, acceptant la mort de notre ancien Soi pour complètement renaître. À travers ce processus, on obtient les Trois Rayons de l’Awen- la triple illumination qui active les graines dormantes de la Sagesse en nous.

De plus, son symbole primordial est le chaudron de la création, d’ou naît tout étincelle de vie, toutes les âmes. Au creux de son chaudron, aux profondeurs les plus sombres, qu’on appelle le monde du néant, l’anwn, l’abîme primordial source où s’élabore la vie. Le principe de l’archétype divin de Ceridwen est selon moi de surtout méditer là-dessus, sur ce que signifie ce chaudron.

 

On m’a alors demandé il y a quelques temps comment s’y prendre pour lui donner un culte et l’honorez. Pour ce qui est de donner un culte, je n’appellerais pas cela comme ça. Les celtes ne vénéraient pas les dieux comme vous pourriez le croire, ils ne leur attribuait aucunement une forme humaine et répugnaient à tailler dans la pierre ou le bois ce qui ne pouvait l’être! Selon eux, les dieux étaient la perfection même et étaient plutôt un idéal à atteindre, ces dieux représentants certes des protecteurs spirituels pour le peuple. Il faut faire attention à nos habitudes ritualistes car elles sont fortement imprégnées du culte romain. Il est difficile de saisir parfaitement la pensée des celtes à cet égard, mais elle n’était clairement pas anthropomorphique, sans offrandes (car selon les celtes toujours, toutes les choses en ce monde appartenaient aux dieux et c’étaient eux qui nous les distribuaient selon leurs caprices, ils n’avaient donc pas besoin de cadeaux de nourritures ou autres privations.) Bref, je crois que le principe était surtout de prendre exemple sur la qualité que le dieu symbolisait, au quotidien, en reconnaissant le sacré dans toute chose. Dans tous les récits de mythologie celtique, j’ai constaté que ces dieux incarnaient surtout la lumière, la beauté, la force, la sagesse et l’amour véritable, romantique et dévoué, la loyauté et l’honneur. Ceridwen est tout cela aussi, n’oubliez pas qu’elle est la Mère Éternelle dans la mythologie galloise, la Maternité même, la Matrice, elle est toute ces déesses mères, elle est créatrice, transformatrice, régénératrice, inspiration, nouvelles sagesses et connaissances, guérisseuse… On l’appelle la Déesse Blanche et elle fait naître les plus belles lumières à travers les ténèbres.

 

J’apprécie beaucoup l’archétype Ceridwen, mais je ne voue pas un culte à Ceridwen en tant que personne réelle et à qui l’on doit absolument donner des offrandes pour la remercier et la faire vivre… Comme je l’ai expliqué plus haut, vous savez ce que pensais les Celtes des offrandes que les romains donnaient à leurs dieux. Les Celtes jetaient cependant des armes, bijoux et autres objets (même des bols et chaudrons) au fond des rivières et des lacs, considérant les lacs ou l’eau tout simplement comme l’élément séparant le monde des vivants avec celui des ancêtres et des dieux peut-être bien. Et pour ce qui est des objets trouvés dans les tombes de Celtes décédés, il s’agit simplement d’une croyance qu’ils retrouveraient ces objets dans l’Autre Monde, car leur âme était immortelle et la vie continuait de l’autre côté. Je reviens donc au sujet principal de la question d’honorer Ceridwen:  la façon dont vous pourrez l’honorez est d’honorez ses qualités en vous au quotidien, de les explorez et de les interrogez par la méditation, le chaudron c’est vous-même, il n’y a qu’à plongez en vous pour en comprendre les mystères. Je ne sais pas comment vous procédez lors de vos rituels, mais incluez dans votre rituel habituel une visite au coeur de votre  »bosquet intérieur », c’est-à-dire, créez vous mentalement un sanctuaire sacré qui vous permettra d’entrez plus facilement en harmonie avec votre Moi Supérieur. Ce peut être une clairière, une forêt avec des arbres en particulier, une caverne, rempli des objets qui vous tente et vous aide à vous concentrer sur l’aspect divin sacré (évidemment, l’image d’un chaudron est toujours propice en relation avec Ceridwen!). Quand on a pas vraiment de lieu sacré à l’extérieur, le bosquet intérieur peut être très utile alors.

 

Références et suggestions: Les traditions Celtique Au pied des menhirs de Robert Ambelain, La Déesse Blanche de Robert Graves. Images: Ceridwen par l’artiste Nata.

Mon autel de Ceridwen:   (le symbole peint sur la pierre dans le bol awen est l’oeil de Mimir représentant l’esprit, symbole que j’utilise pour me recentrer, méditer et me concentrer. Les runes sont Jera=cycle, réalisation, éternité et Kenaz=transformation, purification, magie et création).                                                                                  

 

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