La différence entre la druidesse et la sorcière.

Je tente par cet article de briser les stéréotypes se rattachant à la druidesse, car oui il existe une importante différence entre la sorcière et la druidesse. Maintenant, je précise aussi que j’utilise les termes au féminin, car je suis une femme moi-même, mais que ce que je vais écrire peut tout autant s’appliquer aux hommes, donc druides et sorciers. Ensuite, j’utilise le terme sorcière tout en sachant qu’il existe plusieurs types de sorcières, qu’il existe des sorcières qui sont wiccanes, des wiccanes qui ne sont pas sorcières, des sorcières athées, des sorcières chrétiennes, des sorcières païennes, etc. Je préférerais vous écrire toutes ces lignes plutôt dans l’idée de généraliser, toutefois, la plupart des mes propos au sujet des sorcières se rapporteront aux sorcières dites traditionnelles ou folkloriques ou selon le terme populaire  »traditional witchcraft ». Je tiens à vous dire que je me considère moi-même en tant que sorcière de tradition celtique et gauloise. J’étudie le druidisme, certes, mais je crois que j’atteindrais peut-être un jour, lorsque je serais vieille, le stade de druidesse! De plus, il est assez difficile d’obtenir le druidicat ici au Québec, sauf si vous étudiez avec l’ADF ou l’OBOD, des organisations qui ne collent pas du tout avec le genre de druidisme que j’étudie et essaie de pratiquer chez moi.

Commençons.

Au fil de mes recherches et de mon propre cheminement, je constate les variantes de qualificatifs appartenant aux titres de sorcière et de druidesse. Il est vrai que les deux peuvent avoir des similitudes d’activités et de rites, et j’admets que cela peut être aussi du cas par cas, mais je le répète, je vais généraliser et vous laisser vous en faire votre propre opinion. Ceci dit, voici mes constations et mon opinion là-dessus. J’ai souvent entendu ou lu que si vous croyez au petit peuple des fées et lutins, que vous aimiez l’herboristerie et la magie verte, que vous aimiez les arbres (quel païen ne les aime pas de toute façon), vous étiez faites pour être druidesse ! Tout d’abord, pour ce qui est de l’herboristerie, la médecine des herbes était certes une connaissance des druides, mais cet aspect n’en ai qu’une infime partie de la doctrine des druides et cela ne fait de personne une druidesse ! Pour ce qui en est des fées, les druides ne généraient et n’alimentaient pas ces croyances engendrées par les petits gens du peuple, car ces hommes savants admettaient plutôt le fait de l’immortalité de l’âme, donc de l’existence des esprits et de leur interaction avec les êtres de chaire. Ils entretenaient alors un culte des ancêtres, d’où la vénération des crânes, faisant office de sorte de réceptacle de l’âme du défunt et de conseiller.

J’enchaîne premièrement avec ce que je considère comme les attributs et pratiques de la sorcière qui la différencie de ceux de la druidesse. Comme son titre l’indique, la sorcière pratique la sorcellerie comprenant des sortilèges et des prières ou incantations, basés sur des croyances folkloriques issues du territoire d’où la sorcière est native, ou même basés sur des croyances empruntées à d’autres peuples. Par exemple, la sorcellerie afro-américaine dites hoodoo entre autres est particulièrement à la mode chez les sorcières caucasiennes. Lorsqu’elle ritualise, la sorcière fait appel à des esprits des lieux si elle est en extérieur, à des esprits en général, à des dieux païens de diverses traditions ou fera ses demandes à la Divinité Universelle. La sorcière traditionnelle n’est le plus souvent pas gouvernée par une religion, mais suit une tradition qu’elle affectionne. Tout est question de croyance personnelle. Certaines sorcières seront athées et diront ne faire affaire avec aucune entités spirituelles, ne travaillant qu’avec les énergies en elles ou les entourant, ou avec les éléments eau, feu, air, terre. Ces sorcières sont dites sorcières élémentales ou praticiennes de magie naturelle. L’adage de la Wicca est :  »Fais ce que tu veux, à condition de ne nuire à personne, incluant toi-même. » Pour ma part, je trouve cet adage bien libre d’interprétation quant à ce qui est bon ou mauvais pour les autres ou soi-même et pourrait tout autant être compris comme  »Fais n’importe quoi. » J’en viendrais par la suite à l’opposition de la druidesse face à cette règle et l’attitude adoptée en contrepartie. Pour y revenir, ce n’est pas tous les pratiquants de la sorcellerie qui utilise cet adage, car comme je l’ai dit, tous ne sont pas wiccans. Mais ce que j’en retire de mes observations, c’est que la plupart des sorcières (surtout traditionnelles), font de la sorcellerie dans un désir de puissance, d’accroissement de la confiance personnelle, d’émancipation en tant que femme sauvage et libre ne rendant de compte à personne (cela joue sur l’ego parfois…), beaucoup pour faire des demandes et des changements dans leur vie. Plusieurs sorcières font office de  »Cunning folk » comme ont dit dans la  »traditional witchcraft » et réalisent des sortilèges, charmes en tout genre pour les clients qui viennent les voir. Cela peut être fait sans scrupules et contre le libre-arbitre des gens (exemple : charme de  »brise couple » demandé par une tierce personne à l’insu d’un couple), et encore cela dépend du choix de comportement adopté par la sorcière si elle préfère suivre la voie du positif ou du négatif ou un entre deux. Philip Carr Gomm (druide leader de l’OBOD) disait une fois dans le livre de la Renaissance Druidique qu’il voyait autour des wiccans une aura rouge dorée et autour des druidisants une aura verte. Je vous laisse méditer sur ce que cela peut signifier à propos de ces gens…

Il existe toutes sortes de sorcières et toutes sortes de personnes… Dans cette idée, je vous mentionne les prêtresses d’Avalon, cette île métaphorique. Marion Zimmer Bradley nous a fait rêver avec ses hypothèses féministes romancées sur ces femmes se détachant des druides quelque peu mysogynes du Vernemeton, les quittant pour cette île brumeuse pour y honorer la Grande Déesse.Cette belle épopée a inspirée la création de la tradition avalonienne, un mélange de la tradition galloise, des mythes arthuriens proto-bretons, de la kabbale, un petit peu de druidisme, de féminin sacré, et de magie cérémoniale occidentale. J’en viens donc au titre de prêtresse. Ce titre est prit par les sorcières ou wiccanes se sentant choisies par la Déesse ou ce titre leur est donné car elles sont initiées ainsi dans un coven. Ces femmes prêtresse se rapprochent plus quant à moi du cheminement spirituel des druidesses, et ces femmes œuvrent effectivement dans le souhait de l’amélioration personnel spirituel et dans le cheminement de la guérison, et c’est tout à leur honneur ! D’ailleurs, ce rapprochement entre le but de la prêtresse et de la druidesse est dû à l’idéologie Gardnérienne de la dites Wicca.

Nous voici arrivés à la druidesse. Ce qui catégorise celle-ci est que sa pratique est plutôt basée sur la communion divine, sur la recherche de la sagesse et la connaissance, la hauteur des pensées et l’élévation spirituelle, la dévotion envers la Divinité, une recherche profonde de la pureté et de la lumière inspiratrice. Je ne dis pas qu’aucune sorcière n’a ces ambitions-ci et je ne souhaite pas offenser ou descendre quiconque en exprimant ces mots, sachez-le bien, mais s’il est vrai que les néo-sorcières de l’époque de Gardner ce sont élevées vers la sacerdoce nous devons observer de nos jours une dégénération sacerdotale, puisque cette notion est grandement négligée par plusieurs cercles modernes. Or, le chemin du druidisme est ainsi : Recherche, Savoir, Sagesse. L’on pourrait dire que ceci en est l’adage, tout comme celui-ci : Amour, Force, Sagesse, qui sont les trois manifestations primitives de la Divinité. L’adage de la druidesse est plutôt de oeuvrer dans le vrai, car dans le druidisme il n’est pas question de bien ou de mal, mais plutôt de vrai ou de faux, d’où la recherche incessante du savoir. Le druidisme prône la vérité et la beauté. Le druidisme est le travail et l’étude de toute une vie, le but étant d’atteindre la lumière du Uindobitu (Gwenved ou Monde Blanc) dans la pureté. On mentionne dans les mythologies celtiques que les dieux (qui étaient tous druides eux-mêmes) pratiquaient la magie. En accord avec cela, la druidesse n’oriente néanmoins pas centralement sa pratique sur la magie, bien qu’il peut y en avoir et elle sera toujours en lien avec les dieux ou l’Être Suprême (Uxellimos). Elle se concentre plutôt sur les rites quotidiens de dévotions aux divinités et aux ancêtres et de l’observance du calendrier druidique des fêtes celtiques. La pratique de la divination et des augures est effectivement exercée par les femmes dans le druidisme, voire la légende des prêtresses de l’Île de Mona, ces femmes vêtues de noir entretenaient la triple fonction : sacerdotale, guerrière, producteur. Et il nous est aussi permis de penser qu’elles étaient représentatives de la création même de toutes les conceptions de la société celtique, à commencer par l’inauguration des rois pendant le solstice d’hiver lors la cueillette du gui. Elles symbolisaient l’ouverture du monde physique sur le monde spirituel, elles étaient les porte-parole du Sedos (Sidhe, Autre Monde, Monde de Paix). Leur rôle était d’ordre réceptif liturgiquement parlant, tandis que le rôle des hommes était actif. En d’autres termes, ce sont elles qui gouverne le terrain de jeu des druides. Il n’est pas évident pour les chroniqueurs de l’Antiquité de constater de façon rationnelle ce fait en raison que les druidesses étaient dans l’arrière-plan pendant que les druides battaient le fer. La mission en bref de la druidesse aujourd’hui est la transmission de la voie de la sagesse celtique comme ce le fut autrefois, de ses mythes et de leurs messages et des traditions anciennes, dans le beau, le vrai, et dans une intention noble et humble.

Peu importe ce que vous êtes, sorcière, druidesse, prêtresse, connaissez bien votre tradition et faisons l’effort pour pleinement incarner ce rôle plutôt que de vivre son Moi dirigé par l’ego dans le quotidien. Il est dit aussi dans la sagesse druidique : Être avant de paraître !

 »Seduo in Nemesu – are talamuni – talamuni uo nemesu ac nertis papebo. »

(Paix dans le ciel, sur la terre, terre sous le ciel et force à tous!)

Audrey Brixtasulis

Rituel de communion divine

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Avant de commencer, chaque participante veillera à se purifier par la visualisation et la sauge, à se centrer et atteindre un état de conscience plus élevée, d’amour universel et de paix intérieure. La pièce (si la cérémonie se déroule hors d’un bosquet d’arbres) peut être fumigée à la sauge.

Le feu sacré sera allumé au centre et les offrandes déjà déposées dans les bols prévus à chacun des royaumes (les offrandes doivent idéalement pouvoir brûler dans le feu! Terre: graines, noix, écorces, feuilles, céréales. Ciel: fleurs, encens, plume, herbes. Mer: fleurs, herbes, sel de mer).

Toutes face à l’autel au Nord, en posture de Taranis (debout jambes un peu écartées, bras levés et poings fermés, comme sur le chaudron de Gundestrup), nous entamerons pour débuter la Prière des Esprits Bienfaisants:

 »Esprits bienfaisants et âmes des Celtes,

Veuillez accepter l’aide de nos bras et de nos forces,

pour qu’elles soient harmonieuses avec vos intelligences,

Veuillez nous aider sur le plan physique,

nous guider sur le plan mental,

nous conseiller sur le plan spirituel,

afin que, de notre effort conjugué,

renaisse une patrie plus belle

après les épreuves d’Abred,

dans laquelle vivrons éternellement les âmes des Celtes.

Dans un ciel éternellement nôtre, le Gwenved, 

sous la lumière de l’Incrée. »

À ce moment, toutes appellent l’Awen à descendre sur elles, 3 à 9 fois, le dirigeant dans leur coeur, en posture de recueillement, les mains sur le coeur. Inspirer et expirer quelques instants cette énergie de lumière blanche ou dorée (pour la couleur, c’est selon votre choix personnel).

Les participantes forment un cercle en se tenant par la main. Le cercle sera tracé par l’officiante attitrée. Il sera tracé dans le sens horaire, avec un athamé ou une épée, tout dépendant de l’espace du lieu rituel, cela en débutant par le Nord.

L’officiante trempe l’athamé ou l’épée dans le bol de sel et le conjure ainsi:

 »Comme le sel est la vie, qu’il nous purifie toutes,

Qu’il purifie nos corps et nos esprits,

tandis que nous nous consacrons par ces rites

à la gloire du Grand Esprit Créateur et de la Mère Nature Éternelle. »

Avec la pointe de l’athamé, elle jettera trois pincées dans le bol d’eau rituelle, elle remuera l’eau dans le sens horaire et dira:

 »Que le sel chasse toute impureté de cette eau, afin que nous puissions nous en servir dans ces rites. »

L’officiante trace ensuite les 3 cercles autour de l’espace sacré:

Elle fera le premier avec le sel,

le deuxième avec l’eau,

le troisième avec la sauge (ou un encensoir).

L’officiante trace alors un triskel avec l’eau salée sur le front de la participante à sa gauche et les autres, chacune leur tour, le trace sur le front de leur voisine en finissant par l’officiante.

Le bosquet sacré est le point de rencontre des 3 royaumes et en son centre se trouve le feu sacré unificateur.

Ici donc, une fois le cercle tracé, sera fait la salutation des trois royaumes naturels, en commençant par la Terre au Nord.

Faisant face au Nord, devant le point du royaume de la Terre (les autres participantes se placerons derrière l’officiante), l’officiante salue la Terre et la remercie pour ses bienfaits:

 »Salut à toi, Royaume de la Terre, abri naturel des humains,

animaux, plantes, arbres et des pierres. Merci pour ton abondance

et ton sol ferme sous nos pieds, ton sel qui conserve la nourriture

et ta terre en qui germe toute forme de vie. »

Prendre une offrande dans le bol au sol et la jeter dans le feu au centre.

Aller à l’Est et saluer le royaume du Ciel.

 »Salue à toi Royaume du Ciel, toi qui nous apporte la lumière du jour,

la noirceur de la nuit et son repos.

Merci pour tes vents de renouveaux,

transportant les germes de vie

D’une plante à l’autre. »

Prendre une offrande dans le bol au sol et la jeter dans le feu au centre.

Aller à l’Ouest et saluer le royaume de la Mer.

 »Salue à toi Royaume de la Mer, eau purificatrice,

toi qui désaltère nos corps et notre esprit.

Merci de ton exemple de cycle éternel, flot de la vie constant. »

Prendre une offrande dans le bol au sol et la jeter dans le feu au centre.

Une fois les trois offrandes brûlées au centre, donner une offrande d’encens au gardien du feu sacré, demandant la guérison des trois royaumes naturels et aussi pour tous ceux qui sont malades, troublés ou esseulés. Remercier l’esprit gardien du feu sacré.

L’officiante, tournée vers l’autel, et toutes en posture de Taranis, évoque sa déesse patronne.

Elle prend ensuite son crâne des Ancêtres, le présente à toutes pour honorer les Ancêtres et tournée face aux participantes, elle demande:

 »Les Ancêtres nous ont enseignés trois principes, quels sont-ils? »

Ensemble, toutes les participantes répondent:

 »UIDIA, la sagesse de l’Éternel OIW (prononcé Oyoune), 

symbolisée par la sagesse et l’immortalité de l’If.

BRIGO, la force de Hu Kadarn,

symbolisée par la solidité et la persévérance du Chêne.

CARANTIA, l’amour de la Mère Ceridwen,

symbolisé par la sérénité du bouleau. »

L’officiante rapporte le crâne à sa place. Ainsi se termine la construction du Temple.

Une fois la construction du Temple complétée, il peut y avoir des enseignements donnés, des travaux magiques pour le bien commun du groupe, exercices de divination ou de médiumnité, guérison, énergies envoyées, méditations, rituels de sabbats, etc.

Cela fait, nous procéderons à un toast-libation voué aux dieux et ancêtres.

L’officiante prendre la coupe préalablement remplie et dira:

 »Que ce toast soit voué à la Mère Nature Éternelle, à l’Esprit Créateur,

à nos Ancêtres d’âmes et de sang, aux esprits Celtes et bienfaisants,

aux anciennes druidesses et femmes Celtes qui nous inspirent encore aujourd’hui. 

À Belisama, Brigantia, Morrighane et Ceridwen. »

L’officiante met sa main au-dessus de la coupe, magnétise le liquide et trace un triskel ou des oghams au-dessus. Elle lève la coupe dans les airs et parle à coeur ouvert ( à haute voix ou mentalement, émet ses demandes personnelles ou demandes du groupe à la Divinité). Elle en boit une gorgée. Elle passe ensuite la coupe à sa gauche et chacune fait comme elle, buvant une gorgée après leur demande effectuée.

L’officiante verse le  restant du contenu dans le chaudron du feu sacré.

Toutes en cercle, main dans la main, l’officiante clos la cérémonie.

 »Nous nous sommes réunies dans l’amour et dans l’amitié, séparons-nous de la même manière.

Que les énergies de guérison que nous avons élevées dans ce cercle, pour chaque royaume naturel, aillent vers ceux qui en ont besoin.

Grand Esprit Créateur, Mère Nature Éternelle,

nous vous remercions d’avoir partagé ce moment avec nous.

Esprits des Celtes et des druidesses, que votre chant de fierté soit toujours dans nos coeurs,

gardez-nous fortes, courageuses et pleines de sagesse. C’est dans la joie que nous nous séparons. »

L’officiante défait le cercle avec l’athamé et annonce:

 »Le Bosquet sacré est maintenant déconstruit, partons dans la joie, qu’il en soit ainsi. »

*OIW qui veut dire Dieu, Incrée. Le concept est Indo-européen, mais OIW-qui est gallois- est inspiré du sémitique IAO. J’emploi le terme Dieu sans réticence, car selon moi Dieu est un terme qui ne signifie pas plus précisément un homme ou une femme en particulier. C’est pourquoi je trouve que le terme The Creator (qui n’est ni masculin ni féminin) est très approprié, mais ici nous parlons français cela va de soi! Dans ce cercle, les Trois Royaumes Naturels sont utilisés plutôt que l’appel ou salutation des quatre éléments. N’oubliez pas qu’ils sont déjà bien présents dans votre corps tout entier. J’en conviens qu’il est utile de les saluer lorsque l’on ritualise dans une pièce à l’intérieur, mais ici pour cette façon de procéder je trouve qu’ils sont déjà bien inclus et présents dans les salutations des Trois Royaumes et le remerciement du Feu Sacré, seule la méthode diffère!

 

 

Inspiration des arbres

Inlassablement, les arbres se dressent malgré l’adversité, ils poussent toujours malgré le béton avec lequel on les entourent, ils sont maîtres de leur lopin de terre. Leur droiture nous enseigne la persévérance et l’endurance. Malgré les temps arides, ils poursuivent leur montée vers le ciel, ils continuent d’étendre leurs branches et de bourgeonner, ils se tiennent fermes et enracinés, au creux de la terre qui les a enfantés.

Ce qu’ils ont a nous apprendre sur l’existence terrestre et au-delà est sans doute infini, sachons les écouter et nous en serons grandis. Observateurs silencieux du monde tantôt paisible, tantôt chaotique, ils savent de quoi le monde est fait, ils savent nous apporter réconfort et conseil par le vent bruissant dans leurs feuilles. De leur hauteur, ils nous transportent dans un état de contemplation et par leurs racines, ils nous rappellent le contact avec la riche terre. Grimpe la sève vers les cieux, encore et à jamais…

Les feuilles nourries par la lumière divine, retombent un jour d’automne à la terre en retour pour nourrir celle qui berce l’arbre depuis sa naissance. Tout comme les feuilles, notre corps retourne à la terre, l’âme s’échappant jusqu’au firmament. Notre âme est-elle à l’image des feuilles de l’arbre, les feuilles nourrissant son porteur tout comme l’âme enrichi le corps? Peut-être nos âmes trouvent-elles finalement ce que les arbres cherchent tant à atteindre; le ciel?

 

Grandes fêtes celtiques, quand célébrer!

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Pour savoir quand célébrer les fêtes celtiques, voici les points de repères:

Nous savons, grâce à la Table de Coligny, que les Trinoxtion Samoni se déroulent aux environs du dernier quartier de lune du mið samon-, lorsque le soleil est dans le signe du Scorpion, qu’Ambiuolcato se célèbre aux environs du premier quartier de lune du mið anagantio quand le soleil se trouve dans le signe du Verseau. Nous savons aussi que pour les Belotennia il faut que la lune du mið giamon ou simiuisonna soit pleine et que le soleil soit dans le signe du Taureau. De même pour la Luginaissatis, sont ouverture se proclame lors de la pleine lune du mið elembiu ou aedrini et lorsque le soleil est dans le signe du Lion. Son apogée au dernier quartier de lune suivant et sa fermeture lors de la nouvelle lune. (Sources: Druuide Auetos sur le forum Druuidiacto)

Il est à noter que les mois celtiques commencent à chaque pleine lune.

Les mois sont, selon la Table de Coligny:

1. samon-

2. dumann-

3. riuros

4. anagantio-

5. ogronn-

6. cutios

7. giamoni

8. simiuisonna-

9. equos

10. elembiu-

11. edrini-

12. cantlos

Le calendrier de Coligny consiste en une plaque de bronze du 2e siècle, de 1,48 m de long sur 0,90 m de haut, trouvée à Coligny, France. Cette épigraphie, comportant des indications de mois et de jours assez claires, donne cinq années consécutives divisées en 62 mois, cinq fois douze mois ordinaires plus deux mois supplémentaires.60 mois lunaires plus 2 pour 5 années solaires. Ces 62 mois sont disposés en seize colonnes, qui se lisent verticalement et de gauche à droite. Chacune d’elles comportent quatre mois sauf la première et la neuvième qui n’en ont que trois car les mois intercalaires, qui ont des en-têtes développées et des notations quotidiennes abondantes, occupent chacun l’espace de deux mois ordinaires.

 

Symbolique des fêtes en bref:

Ambiuolcios (Eau Lustrale): Le retour de la lumière, symbolisée par la lueur des bougies. Bien que faible, la lumière du soleil augmente peu à peu et le coucher du soleil est tranquillement retardé. À mon avis personnel, c’est le réel début de la nouvelle année celtique plutôt que Samonios, et prémisse du printemps. Temps de purification par l’eau lustrale et du feu de Brighid. Il est temps de planifier et planter les graines des nouveaux projets.

 

Belotennia (Les feux de Bel): Début de l’été, fête de Belenos, dieu gaulois du Soleil. C’est la célébration de la lumière du soleil et du feu, de la Vie, de la fertilité et fécondité, de l’Union du Ciel et de la Terre.

 

Luginaissatis (Assemblée de Lug): Voici la fête de la souveraineté, du blé, du temps des moissons qui s’amorce et la fin de l’été. Bien que ce soit la fête du dieu Lug c’est aussi une fête en l’honneur de sa nourrice Tailtiu.

 

Les Trinoxtion Samoni (Les trois nuits de Samonios): Début de la période sombre de la Roue de l’Année. C’est le temps d’honorer les Ancêtres, le moment où la présence du monde invisible devient plus perceptible.

 

Ogams

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Les ogams, que l’on utilisent surtout comme outil divinatoire de nos jours, sous formes de bâtonnets de bois gravés de signes représentants les arbres sacrés des druides, nous viennent des celtes irlandais. L’utilisation principale connue de cet alphabet des arbres, remontant probablement au néolithique, est l’inscription du nom du défunt sur les tombes. De plus, on pense aussi que les ogams auraient été utilisés par les druides comme une sorte de langage codé, dans lequel il fallait utiliser les doigts pour former des ogams, les alignant le long du tibia. Les celtes savaient écrire et utilisaient l’alphabet grec pour rédiger les textes courants, juridiques, etc, mais considéraient l’écriture (précisément l’ogamique) comme très puissante, alors ils s’en servaient  lors de rituels magiques. Étant donné le manque d’informations sur les druides, la phrase précédente n’est qu’une supposition des anthropologues. Dans la mythologie celtique, le dieu de l’Éloquence Ogmios, ou Ogma, est celui qui créa l’écriture ogamique, voici ce qu’on en dit dans un livre destiné à la formation des bardes ( L’Auraicept na nEces-Le rudiment du poète, p. 272.):

 »Or c’est Ogma, un homme très savant en langue et en poésie, qui a inventé l’ogam. La cause de son invention, en tant que preuve de son intelligence, est que ce langage devait être la propriété réservée des seuls érudits, à l’exclusion des rustres et des pâtres. »

Robert Graves (1895-1985), un poète romancier qui écrivit La Déesse Blanche, les mythes celtes, nous exposa le système Beith-Luis-Nion, système antérieur au Beith-Luis-Fearn, qui comporte de nouveaux signes ajoutés, plus utilisé de nos jours surtout pour la diviniation. B-L-N (Beith-Luis-Nion, treize lunaisons de vingt-huit jours, dansant en rond, rythmées par cinq porte les voyelles A O U E I) fut élaborer selon le Cad Goddeu, le combat des arbres, un poème médiéval gallois préservé au quatorzième siècle dans le manuscrit appelé le Livre de Taliesin. Ce poème se réfère à l’histoire traditionnelle du légendaire enchanteur Gwydion animant les arbres d’une forêt pour combattre en tant que son armée. À quoi servait l’écriture ogamique autrefois? Comme aide-mémoire des éléments composants l’Univers, comme représentations des forces cosmiques se manifestants à travers la forêt donc les arbres et comme symboles de communication entre les vivants et les morts (inscriptions sur les pierres tombales). Selon mon avis personnel, l’utilisation des ogams sert bien aussi maintenant d’outil de méditation et de visualisation, comme support énergétique lors de soins magnétiques entre autres…

Le livre de Ballymote, un manuscrit datant de la fin du 14e siècle relatant des textes mythologiques irlandais et celui-ci nous décrit l’alphabet ogamique. On dit que les ogams ne représentent pas seulement les arbres, mais aussi les animaux, les fleurs, les oiseaux, les plantes, etc, et que si une herbe, une plante et un arbre ont les propriétés médicinales ou magiques similaires se retrouvaient alors regroupés sous la même lettre. Tout comme les runes nordiques, les ogams font partis de la toile de la vie ou du grand bosquet infini, du cosmos et nous rappellent que toutes les choses de ce monde sont intrinsèquement liées et une chose se reflète dans une autre.

Ceridwen la déesse blanche

Tout d’abord, il faut comprendre que Ceridwen représente la Nature, la Terre elle-même, Elle est la Mère Éternelle. Son nom signifie  »Porte Divine » et  »Maison de Dieu ». KER en breton veut dire Porte et DOUE veut dire Dieu. Ceridwen fait partie de la trinité/triade celtique avec IO le Père et Hu Kardan fils de Dieu. Elle est la Vierge Mère et la Mère éternelle, la nature elle-même, Elle est l’oeuvre de Dieu! Car c’est par la Nature, au sein des myriades d’existences qu’elle offre successivement à l’Être, par cette lente purification née de la douleur, que l’Homme peut lentement comprendre son Créateur. Étant l’Amour, elle inspire la créature (l’homme) encore enténébrée. Et c’est par Ceridwen, au sein du vase générateur AZEWLADOUR(en breton), le creuset celtique qu’elle porte en son bras gauche, que s’accomplit cette éternelle sublimation de l’Être. Elle est la manifestation divine de l’amour et la beauté, ainsi que de la sérénité du bouleau, l’ogham Beith. Ceridwen est la déesse galloise de la Lune, gardienne du chaudron de l’inspiration et de la régénération, déesse de l’herbalisme, renaissance, prophétie, les initiations druidiques ou en tout genre, de la transformation, Maîtresse de l’Awen, de la guérison et changement de forme. Ceridwen la déesse sorcière de la magie, de la sagesse, des mystères, de la nature et l’agriculture, de la poésie et l’inspiration poétique, de la créativité, musique, art, science et astrologie. Les cycles lunaires propices à travailler avec les qualités qu’elle représente sont du dernier quartier à la lune noire (la septième nuit après la pleine lune jusqu’à la lune noire). Et de la pleine lune de Samhain à la pleine lune de Imbolc. Son animal totem est la truie blanche.

 

Contrairement aux croyances populaires, elle n’est pas une déesse  »Crone », Vieille et Sombre. Brighid, Dana, Ceridwen, elles sont toutes la même entité. La divinité ne pouvant être réduite ni à une phase, ni à une image, ni à un âge (la femme est une déesse et la Déesse EST l’esprit de chaque femme, de tous les âges), ni à une forme tangible et physique, elle ne peut donc en aucun cas être figée dans une image de Vieille Dame! C’est bien une déesse de lumière, des trois rayons de l’Awen qui traversent les ténèbres. Robert Graves l’a appelé la Déesse Blanche. Il a relié avec la première partie de son nom le mot gallois ‘cerdd’ qui veut dire poésie ou une chanson et ‘wen’ qui veut dire blanc avec la dernière partie. Elle nous enseigne que l’on peut transformer la noirceur en nous en la plus grande beauté, ceci en obtenant l’illumination de la Sagesse. Cette transformation se fait en changeant notre être sur tous les niveaux, en traversant et combattant nos ténèbres intérieurs, acceptant la mort de notre ancien Soi pour complètement renaître. À travers ce processus, on obtient les Trois Rayons de l’Awen- la triple illumination qui active les graines dormantes de la Sagesse en nous.

De plus, son symbole primordial est le chaudron de la création, d’ou naît tout étincelle de vie, toutes les âmes. Au creux de son chaudron, aux profondeurs les plus sombres, qu’on appelle le monde du néant, l’anwn, l’abîme primordial source où s’élabore la vie. Le principe de l’archétype divin de Ceridwen est selon moi de surtout méditer là-dessus, sur ce que signifie ce chaudron.

 

On m’a alors demandé il y a quelques temps comment s’y prendre pour lui donner un culte et l’honorez. Pour ce qui est de donner un culte, je n’appellerais pas cela comme ça. Les celtes ne vénéraient pas les dieux comme vous pourriez le croire, ils ne leur attribuait aucunement une forme humaine et répugnaient à tailler dans la pierre ou le bois ce qui ne pouvait l’être! Selon eux, les dieux étaient la perfection même et étaient plutôt un idéal à atteindre, ces dieux représentants certes des protecteurs spirituels pour le peuple. Il faut faire attention à nos habitudes ritualistes car elles sont fortement imprégnées du culte romain. Il est difficile de saisir parfaitement la pensée des celtes à cet égard, mais elle n’était clairement pas anthropomorphique, sans offrandes (car selon les celtes toujours, toutes les choses en ce monde appartenaient aux dieux et c’étaient eux qui nous les distribuaient selon leurs caprices, ils n’avaient donc pas besoin de cadeaux de nourritures ou autres privations.) Bref, je crois que le principe était surtout de prendre exemple sur la qualité que le dieu symbolisait, au quotidien, en reconnaissant le sacré dans toute chose. Dans tous les récits de mythologie celtique, j’ai constaté que ces dieux incarnaient surtout la lumière, la beauté, la force, la sagesse et l’amour véritable, romantique et dévoué, la loyauté et l’honneur. Ceridwen est tout cela aussi, n’oubliez pas qu’elle est la Mère Éternelle dans la mythologie galloise, la Maternité même, la Matrice, elle est toute ces déesses mères, elle est créatrice, transformatrice, régénératrice, inspiration, nouvelles sagesses et connaissances, guérisseuse… On l’appelle la Déesse Blanche et elle fait naître les plus belles lumières à travers les ténèbres.

 

J’apprécie beaucoup l’archétype Ceridwen, mais je ne voue pas un culte à Ceridwen en tant que personne réelle et à qui l’on doit absolument donner des offrandes pour la remercier et la faire vivre… Comme je l’ai expliqué plus haut, vous savez ce que pensais les Celtes des offrandes que les romains donnaient à leurs dieux. Les Celtes jetaient cependant des armes, bijoux et autres objets (même des bols et chaudrons) au fond des rivières et des lacs, considérant les lacs ou l’eau tout simplement comme l’élément séparant le monde des vivants avec celui des ancêtres et des dieux peut-être bien. Et pour ce qui est des objets trouvés dans les tombes de Celtes décédés, il s’agit simplement d’une croyance qu’ils retrouveraient ces objets dans l’Autre Monde, car leur âme était immortelle et la vie continuait de l’autre côté. Je reviens donc au sujet principal de la question d’honorer Ceridwen:  la façon dont vous pourrez l’honorez est d’honorez ses qualités en vous au quotidien, de les explorez et de les interrogez par la méditation, le chaudron c’est vous-même, il n’y a qu’à plongez en vous pour en comprendre les mystères. Je ne sais pas comment vous procédez lors de vos rituels, mais incluez dans votre rituel habituel une visite au coeur de votre  »bosquet intérieur », c’est-à-dire, créez vous mentalement un sanctuaire sacré qui vous permettra d’entrez plus facilement en harmonie avec votre Moi Supérieur. Ce peut être une clairière, une forêt avec des arbres en particulier, une caverne, rempli des objets qui vous tente et vous aide à vous concentrer sur l’aspect divin sacré (évidemment, l’image d’un chaudron est toujours propice en relation avec Ceridwen!). Quand on a pas vraiment de lieu sacré à l’extérieur, le bosquet intérieur peut être très utile alors.

 

Références et suggestions: Les traditions Celtique Au pied des menhirs de Robert Ambelain, La Déesse Blanche de Robert Graves. Images: Ceridwen par l’artiste Nata.

Mon autel de Ceridwen:   (le symbole peint sur la pierre dans le bol awen est l’oeil de Mimir représentant l’esprit, symbole que j’utilise pour me recentrer, méditer et me concentrer. Les runes sont Jera=cycle, réalisation, éternité et Kenaz=transformation, purification, magie et création).                                                                                  

 

Veille de la flamme de Brigantia

Il y a plusieurs mois, j’ai inclus dans ma pratique spirituelle quotidienne le Flametending ou Veille de la Flamme de Brighid/Brigantia. Je souhaitais par cette expérience m’accorder un peu plus avec l’énergie de cette divinité, explorer plus profondément les qualités de cet archétype du divin féminin. Devenue moi-même mère, je vois cette déesse d’un nouvel oeil, et pas seulement cette déesse, mais la divinité et la phase mère m’apparaissent aussi dans une nouvelle perspective que je n’avais pas auparavant. Comme quoi, on ne comprend pas réellement une étape de la vie tant qu’on ne l’a pas vécue. Elle couvre parfaitement et complètement toutes les valeurs qui me tiennent à coeur et Elle incarne les idéaux que je souhaitent atteindre dans ma vie surtout en tant que mère. Avant de vous parler de mon expérience personnelle pour ce premier Flametending, laissez-moi d’abord vous introduire dans l’histoire de cette ancienne tradition.

Ce n’est pas parce que l’on est païen qu’il faut omettre Sainte Brigit de l’histoire, car elle EST la déesse Brighid, dans toute son essence primordiale! Malgré la conversion au christianisme, Brighid est toujours restée elle-même, elle a été continuellement appréciée de ses fidèles et a poursuivie son existence sous un autre visage, ainsi, il faut se pencher aussi sur ses qualités et son récit. En Irlande, les monastères et ermitages se sont établis en 400 après J.-C. et Saint Patrick implanta officiellement l’Église Catholique en 432. Il est à noter aussi que même de nos jours, le christianisme celtique est centré sur la terre, héroïque et  en accord avec l’idée de l’Autre Monde. Bref, les chrétiens arrivés en Irlande, les celtes se sont simplement adaptés, ont gardés leurs anciennes croyances et y  ont ajoutés les idées de la nouvelle religion. 


Pour en revenir à Brigit, selon le Rennes Dinnsenchus, on y dit que Brigit était une ban-drui (druidesse) avant de se convertir au christianisme. On raconte qu’elle est née en l’an 455 après J.-C. à Faughart, près de Newry, Co. Down. Son père y est identifié comme druide du nom de Dubhtach (ou chef de clan selon la version, car une fois les textes retranscrits par les moines, on y dépeignait souvent les druides comme de méchants acheteurs d’esclaves!), et il avait prédit qu’elle devait s’appeler Brigit, comme la déesse car elle serait sa plus grande servante. Sa mère est une femme celte esclave prénommée Broicsech. Sa naissance et son éducation sont imprégnées de symbolisme druidique car on relate que sa mère lui donna naissance en passant le seuil de sa maison au lever du soleil. Le seuil de la maison est un entre deux mondes dans la tradition celtique, elle n’était ni à l’intérieur de la maison, ni à l’extérieur, à la fois dans le monde et à la fois pas dans le monde. Aussitôt née, sa mère la baigna dans le lemlacht, le nouveau lait de vache encore chaud qu’elle venait tout juste de traire. Brigit ne voulait être nourrit que par le lait d’une vache blanche aux oreilles rouges (caractéristiques des créatures de l’Autre Monde). Lorsqu’elle dormait, elle rayonnait tellement que la chaumière semblait en feu! On accorde à cette Brigit des exploits miraculeux tels que changer l’eau d’un puits en bière, ou augmenter la quantité de nourriture notamment le beurre et le bacon. Sans compter sa grande générosité envers les plus démunis.

 

Brigit refusait tout prétendant et préférait une vie au service du monde dans le besoin, c’est pourquoi elle choisit la vie de nonne et devint chrétienne. Elle et huit autres femmes allèrent à la rencontre de l’évêque Mael d’Ardagh pour prononcer leurs voeux en tant que nonnes. Brigit et ses soeurs fondèrent son premier établissement religieux dans le comté de Kildare, Kildare est dit Cill Dara en gaélique irlandais, qui signifie l’Église du Chêne. Brigit en était l’Abbesse. Elles étaient au nombre de 19 nonnes, plus Brigit, et veillaient sur un feu sacré. La vingtième nuit, c’était sainte Brigit qui veillait. Lorsqu’elle mourut en l’an 525 après J.-C., une des nonnes qui veillait le feu laissa une bûche à côté de celui-ci la vingtième nuit et dit:  »C’est votre nuit Brigit, veillez sur le feu. » Le lendemain, on trouva la bûche en train de se consumer et le feu ravivé comme jamais. Voilà pourquoi lors du Flametending nous disons qu’au vingtième jour c’est la déesse Brighid elle-même qui vient veiller la flamme.

Avant le christianisme, dans une partie du territoire occupé des tribus européennes Brigantes se trouvant dans le comté de Kildare, on dit qu’une grande prêtresse honorait la déesse Brigantia, déesse ancestrale de ces tribus. Le fait de veiller sur une Flamme éternelle est bien un principe Indo-Européen. Et puis, pour comparer, on trouve aussi ce culte chez les Vestales à Rome et chez les prêtresses vierges de l’Île de Sein. On retrouve aussi cette pratique à Bath dans le comté de Somerset chez les prêtresses de la déesse Sul, ou Sulis Minerva chez les Romains, déesse patronne des eaux thermales guérisseuses. Avec le temps, les prêtresses furent remplacées par les nonnes à Kildare, comme je l’ai écris plus haut, où la Veille de la Flamme se perpétuait.  À Kildare, il y avait des nonnes mais aussi des moines. Bien que les moines avaient un évêque pour les surveiller, Brigit était l’Abbesse en chef au-dessus de tous et cela choquait l’Église catholique. Les hommes autant que les femmes allaient lui demander guidance spirituelle et conseils, mais seules les femmes avaient le droit de veiller sur la Flamme sacrée, honorant cette tradition datant bien avant le christianisme. Alors l’évêque ordonna l’extinction de la Flamme. Même si elle fut rallumée, Henri Vlll d’Angleterre l’a détruite lors de ses purges. En 1807, Daniel Delany, Évêque de Kildare et Leighlin en Irlande, invita six femmes à former une communauté religieuse à Tullow, Co. Carlow, le premier Février. Il les nommèrent les Soeurs de Sainte Brigid. Il créa aussi un an plus tard une communauté d’hommes qu’il nomma Les Frères de Saint Patrick ou les Patriciens. À Imbolc 1993, les Soeurs Brigidines rallumèrent la Flamme à Kildare et au même moment au Canada, en harmonieuse coïncidence, les Daughters of the Flame rallumèrent sa Flamme. La Flamme de Brighid est encore allumée à Imbolc tous les ans dans les anciennes fondations de la petite chapelle où veillaient sur le feu autrefois les nonnes et les pèlerins peuvent venir allumer une petite chandelle à ce feu pour ramener chez soi la lumière de Brighid. Aux États-Unis, entre autres, il y aussi des groupes comme le Cauldron Cill (groupe composé de gens qui se relaient en  »shifts » de 24 heures pour veiller la Flamme), le Nigheanan Brìghde Order of Brighidine Flametenders, le Clann Bhride et le Ord Brighideach International.

De nos jours, les gens qui honorent Brighid choisissent pour recevoir ses bénédictions ou pour être inspirés de ses belles énergies, font la Veille de la Flamme de Brighid soit pendant 19 jours consécutifs ou en groupe où les gens se relaient aux 24 heures, et l’on débute du coucher du soleil jusqu’au coucher du soleil suivant. Voici de plus les activités qui peuvent être pratiquées pendant le Flametending:

 

-Prier

-Méditer

-Lire des mythes Celtes

-Écrire et lire de la poésie

-Peindre ou créer de la musique

-Faire de l’artisanat (plus spécialement le tissage et le tricotage)

-Écrire

-S’occuper de sa maison

-Prendre soin de soi

-Passer du temps avec ses animaux

-Visiter un point d’eau

-Cuisiner

-Visiter sa famille ou des amis ou des enfants de Brighid

-Écouter de la musique

-Jardiner

 

Pour ma part, au début je ne faisais pas partie d’un groupe et je veillais la Flamme pendant 19 jours. Ceci étant une expérience d’introspection, j’ai choisis de commencer le lendemain de la pleine lune, lorsque la lune décroît. C’est aussi pour symboliser que l’esprit commence dans la mort. Au fil des 19-20 jours, bien entendu la lune va croître lors des derniers jours, l’esprit renaissant à la lumière alors que sa Grande Mère Brighid/Brigantia Elle-même viendra veiller la Flamme dans toute sa splendeur et apportant ses bénédictions au foyer. Bon, je l’ai répété maintes fois lors de mon Flametending, je n’ai pas pu avoir beaucoup de moments de prières et de moments de contemplation de la Flamme. Au début, j’avais souvent affaire à mon bébé qui pleurait le soir au coucher et qui ne faisait presque pas de siestes dans la journée! Alors voilà, lors de la première fois, je n’ai pas eu d’expérience spirituelle intense et profonde.  Ce que j’ai par contre constaté, c’est un alignement spirituel régulier et agréable, branché sur des pensées plus positives et une douce force intérieure constante. Cependant, j’ai pris la décision de créer un groupe: Connedoi Tenedonos Brigantias/Gardiens du Feu de Brigantia et je suis aussi membre de l’Ord Brighideach International en tant que gardienne de la Flamme à titre individuel.

 

J’avais demandé à beaucoup de gens la meilleure façon et la plus sécuritaire pour faire le Flametending, la réponse la plus courante était qu’à notre époque, on ne pouvaient pas se permettre de rester constamment devant notre Flamme en contemplation et prière, 24 heures sur 24! Alors le mieux est d’allumer une vraie bougie que l’on garde près de soi (laisser une bougie allumée sans surveillance est dangereux et irrespectueux à cette action sacrée) et quand on quitte la maison ou si on va au lit pour la nuit, une bougie DEL sur l’autel fait aussi bien l’affaire. J’ai toujours malgré tout pris le temps de faire une prière d’allumage de la bougie chaque matin et une prière le soir au moment de l’éteindre. Pour finir, j’écrirais ici, le plus souvent possible, au fil de mes Flametending mes observations et expériences personnelles.

Fedelm la prophétesse

druidess fidelma by selina fenech

Dans le récit épique de la Táin Bó Cúailnge ou la Rafle des Vaches de Cooley, qui est le récit principal et le plus long du cycle d’Ulster, Medb reine du Connaught consulte une druidesse du nom de Fidelma venant du sidh de Cruachan. À ce moment, la druidesse affirmait qu’elle revenait tout juste d’Albion où elle avait apprit l’art du vers et de la vision. On lui demanda si elle possédait l’imbas forosnai, la lumière de la prévoyance et elle répondit oui. On lui demande de prophétiser si l’armée de Medb vaincrait celle de Concochar Mac Nessa d’Ulster et elle prophétisa sa défaite aux mains du guerrier Cùchulainn. Fidelma est une jeune fille et elle est décrite ainsi dans la traduction du récit de la Táin Bó Cúailnge par Thomas Kinsella:

 

 »Elle avait des cheveux jaunes. Elle portait une cape mouchetée autour d’elle attachée par une épingle en or, une tunique rouge brodée à capuchon et des sandales à fermoirs en or. Son front était large, sa mâchoire étroite, ses sourcils étaient noirs, ses yeux bordés de cils noirs délicats projetant quelques ombrages le long de ses joues. Vous penseriez que ses lèvres sont serties d’écarlate de Parthe. Ses dents étaient comme un rang de bijoux entre les lèvres. Elle avait les cheveux en trois tresses; deux enroulées vers le haut de sa tête et la troisième descendant dans son dos. Elle tient à la main une baguette d’or clair torsadée, avec incrustation d’or. Ses yeux avaient des triples iris. Deux chevaux noirs tiraient son chariot, et elle était armée. »

 

Image: Fidelma par Selina Fenech

Ma vision du druidisme

Avant d’exposer ma vision du druidisme, je commencerais par vous introduire un peu dans mon parcours spirituel personnel. Déjà enfant, j’étais rêveuse, lunatique et réservée. J’ai grandi sur une ferme avec de beaux grands arbres, beaucoup de chats, de gentilles vaches, de grands champs et beaucoup de bâtiments de ferme pour jouer à cache-cache. J’aimais bien me retrouver seule, à seulement contempler cet environnement et je m’absorbais déjà à méditer sur ses subtilités, ses créatures et ses plantes, à l’écoute du vent dans les feuilles, à l’affût des odeurs de terre humide et émerveillée par les matins silencieusement ensoleillés. Je croyais en un Grand Esprit qui veillait sur tout cela et pensait qu’Il nous contactait et que nous Le contactions à travers les arbres, alors je me retrouvais souvent au centre d’un grand arbre dans la cours, un arbre  qui s’était séparé en deux troncs pour former une sorte de grand V, laissant une petite place pour s’asseoir au centre.

 

Chez nous, nous croyons aux esprits et nous habitions dans mon enfance une ancienne école. Le deuxième étage où nous avons vécu jusqu’à mes 7 ans étaient autrefois occupé par les professeurs (des soeurs je crois) et le rez-de-chaussé que nous avons occupé jusqu’à mes 12 ans était l’école. J’y ai été témoin d’apparitions de sortes de nuages blancs  qui flottaient dans la nuit devant moi et autres phénomènes, vécus autant par moi que par mes parents et ma soeur et mon frère.

 

En grandissant, à la bibliothèque, je trouvais alors des livres sur les sciences occultes et ce qui m’intéressa en premier fut un peu l’astrologie et la chiromancie. Ensuite vint la magie blanche avec le pire des professeurs que je nommerais seulement par les lettres E-P-S. Vers l’âge de 18 ans, je commençais à m’intéresser au druidisme, mais devant le manque de livres dans mon coin et aussi par manque de motivation, je dois l’avouer, pour étudier un tel sujet pour une néophyte, je me tournais vers la Wicca. Je la pratiqua alors plus sérieusement jusqu’à l’âge de 23 ans, mais après ces années je me rendais compte je trouvais des lacunes à cette religion, elle manquait aussi beaucoup de sens intellectuel à mon regard personnel. Je me remis sérieusement à l’étude de la tradition celtique et du druidisme.

 

Je rencontrais à cette période l’homme de ma vie qui partageait aussi la passion de la tradition celtique. Il me fit découvrir aussi le spiritisme d’Allan Kardec et par-dessus tout, il me fit découvrir ma médiumnité. Chose que je croyais compliquée et pas donnée à tous, mais pourtant oui, c’est bien là! Nous avons donc étudié, pratiqué, élaborée notre tradition ensemble, préférant à toute chose comme base la sorcellerie et la fonction d’Oracle. Nous avons aussi créé notre Temple, le Temple de Belisama.

 

Pour ce qui est de mon druidisme, je vous en parlerais comme ceci: Il n’y avait pas de fonction de prêtresse chez les druides. Bien que nous n’ayons jamais rapporter, par les observateurs (César et écrivains greco-romains), des druidesses officiantes au sein des Celtes, On a souvent mentionné les vatesses, les sorcières, les voyantes, les guérisseuses, les prophétesses, les oracles. On pourrait dire que tous ces termes veulent tout de même dire que c’était des druidesses et que les observateurs romains misogynes ne se sont tout simplement pas soucié (ou non pas compris) la fonction qu’elles occupaient au sein de la sacerdoce druidique. Ou même qu’elles n’étaient peut-être pas intéressées par ce rôle, alors qu’elles excellaient parfaitement dans le rôle de la uatissa (vatesse) et guerrière initiatrice. Et c’est ce côté là du druidisme qui m’intéresse.

 

Selon moi, le titre de druide est certes beau et prestigieux, mais il n’a pas vraiment de sens aujourd’hui. Du moins, le druide d’autrefois n’a probablement plus grand chose à voir avec le druide contemporain. Ceci dit, tout est appelé à se transformer, c’est ce qui est juste et logique, et bienheureux le druide contemporain bien intentionné d’aujourd’hui. J’apprécie le côté communautaire de ce druidisme (tout comme l’est l’Asatru et la Wicca). Pour en revenir au terme de druide, je préfère celui de druidisant et surtout celtisant.

 

L’étude du druidisme et de la tradition celtique m’a cependant rendue plus savante et plus réfléchie quant à ma spiritualité et ma pratique de la sorcellerie. Cela a solidifié mes bases en quelques sortes. Je n’ai pas de religion, mais fondamentalement ma tradition spirituelle est la tradition celtique. J’ai aussi pour principe qu’on ne naît pas avec une religion, mais qu’on la choisi, on ne se l’a fait pas imposée à la naissance par un baptême (comme le baptême chrétien par exemple). On devrait simplement baptiser pour bénir.

 

Maintenant, je me considère par contre tout simplement comme une sorcière  celtisante et nordisante. J’ai choisi depuis très longtemps comme déesse patronne la Peine Lune Belisama. Ce qu’il y a de magnifique avec les dieux Celtes, c’est qu’ils sont lumineux, inspirants et vertueux! Être prêtresse, c’est un défi de tous les jours et de toute une vie. C’est de voir et vivre le sacrée au quotidien et se défier tous les jours de se dépasser, même minimement. Le rôle de prêtresse passe aussi par aider les autres à se reconnecter au Divin et d’inspirer si possible. Une prêtresse n’est pas infaillible, mais elle fait des efforts et reste consciente de ses imperfections.

C’est aussi l’idéal d’acquérir  autant que possible au cours de cette vie les qualités et principes de cette Déesse Mère qu’est Brigantia. Car elle est LA Grande Mère de tous les dieux. Étant moi-même mère, Elle m’inspire la force, l’amour, la patience et bien d’autres choses. Je souhaite être à son image, la mère guerrière initiatrice, la mère qui donne ses premières armes à son enfant pour vaincre les obstacles de la vie vers la plénitude lumineuse. Mais aussi d’être la prêtresse qui l’inspirera à créer la beauté sur Terre. Un enfant naît avec ces forces, le rôle de la Mère est de les lui rappeler.

Présentation

 

Je me nomme Audrey. La nature est mon temple, mon exemple, mon inspiration.  Je scrute les mystères aux creux des branches feuillues, au plus profond du noir infini de la nuit, à travers les étoiles et le blanc laiteux de la Lune.  J’ai passé au travers de plusieurs modes de pensée religieuses; chrétienne, agnostique, wicca, nordique, druidisante. Mais au bout du compte, je reviens surtout à la tradition celtique, la tradition de mon coeur et de mes ancêtres. 

Je suis une sorcière de tradition celtique et nordique (et oui je fais du syncrétisme entre ces deux traditions que je considère soeurs). Je suis en accord avec la philosophie du spiritisme Kardecien. Oui, je suis à l’écoute des esprits. Mes guides, mes maîtres de sagesse, eux mes ancêtres qui ont parcouru terres et mers, leurs sangs qui coulent dans mes veines, ce sang qui fait de moi la curieuse jeune femme que je suis. Ces ancêtres d’âmes aussi, qui m’inspirent tous les jours que le Grand Esprit fait. Les Celtes et les Druides avaient compris la voix des esprits protecteurs de leurs terres et ils étaient leurs porte-parole. Et voilà mon modèle à suivre, autant que possible.  Je n’aspire qu’au bien, au perfectionnement de mon être et de mon âme, à travailler dans la lumière.  Voilà, tranquillement, je vous ferais part de mes pensées et observations sur le monde de nos jours, au fil de mes séances avec les esprits guides, de mes expériences spirituelles lors de mes Veilles de la Flamme Sacrée et avec ce que mon oreille captera du murmure des sauvages bois.  Je souhaite aussi faire la diffusion de la spiritualité celtique orientée vers le rôle sacerdotale et mystique de la femme celte et sa magie des cycles lunaires et vous exposez des sujets tels que: 

 

Histoire des Celtes et des Druides.

Mythologie celtique et concept de la divinité.

Construction du Bosquet Sacré intérieur/méditations guidées, Cercle magique composé des Trois Royaumes, symboles celtiques (animaux, cercles de pierres, arbres…).

Célébration des grandes fêtes celtiques, à savoir Ambiuolcios, Belotennia, Luginaissatis, les Trinoxtion Samoni (Samonios).

Utilisation des herbes (fonctions magiques et médicinales).

Intro au spiritisme en comparaison avec la vision de la mort et des Ancêtres (dont le culte du crâne) chez les Celtes, exercices médiumniques.

Étude des Triades celtiques.

Awen, méthodes d’illuminations et d’inspirations, chaudrons vatiques.

 

À tous, Uidia (sagesse), Brigo (force), Carantia (amour).  /l\

 

*En vieux celtique (dit gaulois) Uidia, Brigo et Carantia sont les trois manifestations primitives qui marquent l’activité divine. En breton, ils se disent: Skiant, Nerz et Karantez. La trinité divine celtique: Uidia est IO le père, représenté par l’arbre et l’ogham If-Idho. Brigo est Hu Kadarn fils de OIW=Dieu (prononcé Oyoune), représenté par le Chêne solide-Duir. Carantia est Ceridwen, la Mère Éternelle, qui veut aussi dire Porte de Dieu, représentée par le Bouleau de la sérénité-Beith. Et Awen est le souffle animateur divin, l’inspiration divine.